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Les différents codes

Dans le code mis au point au 19ème siècle par Louis Braille, c'est la première série de 10 caractères qui a été retenue pour représenter les chiffres et c'est notre actuel zéro qui constituait le signe numérique. Cette notation est toujours en vigueur dans l'écriture braille de la musique. On la rencontre aussi dans des livres embossés avant l'entrée en vigueur du code actuel.

Le braille permet de tout écrire (textes, mathématiques, sciences, musique, informatique). Chacun de ces domaines fait l'objet d'un codage particulier défini dans un ouvrage que l'on peut se procurer auprès de l'imprimerie braille de l'association Valentin Haüy.

Tout ce qui précède avait pour but de permettre aux personnes perdant la vue de garder une part essentielle de leur autonomie grâce à l'utilisation de leur perception tactile pour continuer à écrire et à lire. Il en résulte évidemment que sa présentation n'a pu être que sommaire. Je ne puis donc trop vous conseiller de vous adresser à l'imprimerie braille de l'AVH pour y acquérir, au prix de 15 euros, l'ouvrage en deux volumes intitulé : "Code braille français uniformisé pour la transcription des textes imprimés".

Ce document vous permettra d'acquérir les compléments nécessaires pour pouvoir lire toutes les productions braille émanant d'autrui sachant, néanmoins, que certaines d'entre elles ne sont pas exemptes d'erreurs ; C'est ainsi, par exemple, que vous trouverez, pour certains médicaments, des dosages à plusieurs tonnes ! en effet, on trouve parfois la notation "Mg" (m majuscule "g") au lieu de : "mg".

L'écriture braille nécessite l'emploi de papier dont l'épaisseur est à peu près double de celle de celui couramment employé en imprimerie, ce qui,en son temps, avait déjà incité Braille à trouver un moyen de l'économiser. Mais, c'est Maurice de la Sizeranne, (1857-1924) fondateur de l'association Valentin Haüy, qui, le premier, a véritablement mis au point un code braille abrégé pour la langue française. Ce code consiste à représenter par un seul caractère les mots les plus fréquents et à contracter l'écriture des autres en les découpant en séquences de lettres représentées chacune par une seule combinaison braille. Cette écriture permettait d'économiser environ 30% du papier et accélérait l'écriture et la lecture.

Mais, après sa dernière révision, en 1955, l'abrégé français, qui nécessite l'apprentissage par cœur d'environ 800 abréviations, et contient de nombreuses ambiguïtés, a confronté les spécialistes à la nécessité de le réviser à nouveau. C'est ainsi qu'est née, en 1987, la commission permanente dite "Commission Évolution du Braille Français" (CEBF) qui compte aujourd'hui des représentants de l'Afrique, la Belgique, la France et la Suisse et dont les membres sont nommés par les autorités compétentes de leur pays. Cette commission travaille en liaison avec son équivalent au Québec. C'est elle qui met au point les codes braille pour la langue française.

La transcription en braille intégral des textes imprimés, des mathématiques, des sciences physiques, a été mise au point et fait l'objet de documents évoqués plus haut. Le travail sur l'abrégé est en cours.

Pour les besoins de l'informatique où les éléments (bit) sont généralement regroupés par 8 pour former ce que les spécialistes appellent des "octets", deux points ont, tout naturellement, été ajoutés à la cellule braille pour assurer une bijection avec eux. Afin de ne rien changer à la numérotation utilisée jusqu'à présent, ces deux nouveaux points se placent en bas de chaque colonne de la cellule et sont, de gauche à droite, numérotés 7 et 8. La nouvelle cellule, que nous appelerons "cellule braille informatique" contient donc huit points numérotés de haut en bas comme suit :

Grâce à cette représentation sur 8 points, on dispose de 255 combinaisons d'au moins un point ; il n'est donc plus nécessaire d'utiliser plusieurs combinaisons pour représenter certains caractères comme nous l'avons vu pour le braille "à 6 points".

Chaque caractère affiché à l'écran de l'ordinateur, ainsi que certaines commandes saisies au clavier sont associés chacun à un nombre. A chacun de ces codes numériques, au nombre de 251 actuellement, est associée une combinaison braille. Ces associations sont récapitulées dans un tableau qui constitue la table braille informatique pour la langue française et fera l'objet du chapitre suivant.